Megaupload : le cancer du pirate

Republication d’un article de RWW écrit en juin 2010
Il fut un temps, avant Hadopi, où piratage rimait avec P2P, un mode de distribution des fichiers très sophistiqué, qui avait entre autre mérite celui de répartir la consommation de la bande passante entre les personnes partageant un fichier.
Pour être clair, si mille personnes partageaient un mp3, tous (ou presque) donnaient un peu de leur bande passante pour permettre aux autres de télécharger un peu du fichier. La distribution était ainsi répartie entre les consommateurs, son cout divisé à l’infini, approchait suffisamment le zéro pour être intégré dans les forfaits ADSL illimités des téléchargeurs.
Technologiquement, c’est fantastique, mais d’un point de vue économique, cela dessine un avenir où, si le marketing et la promotion peuvent encore espérer tenir un rôle, la distribution n’en a, elle, plus aucun.
La forme la plus aboutie, du point de vue de la vision économique sous tendue par le P2P, est proche de systèmes comme eMule, mais au final, c’est bittorent qui remportera le concours de popularité : plus efficace, notamment pour transférer de gros fichiers vidéo, son principal défaut repose sur la présence dans son écosystème de trackers, des sites web, comme ThePirateBay, le plus célèbre d’entre eux, qui génèrent un énorme trafic, et donc potentiellement des revenus illégaux.
Le P2P n’a pas de modèle économique en soit, c’est une simple technologie, et comme elle est ‘Libre’, tout le monde peut l’utiliser comme bon lui semble (ou presque), et construire au besoin un écosystème autour de lui.
C’est le défit que tente de relever ThePirateBay. Système de rémunération des créateurs (Flattr), moteur de recherche performant, gestion de la réputation, et jusqu’au boutisme absolu puisque les concepteurs du site sont allés jusqu’à mettre au point des évolutions ‘trackerless’ de la technologie Bittorent : en clair, ouvrir la voie à un avenir où les gros sites comme ThePirateBay n’aurait même plus de raison d’exister, et revenir aux fondamentaux d’un système P2P où le rôle économique de la distribution serait réparti entre consommateurs, rendant le distributeur inutile (et se sabordant par la même occasion, tout en atteignant une forme d’éternité numérique, un vrai truc de Viking).
Mais Hadopi a sérieusement mis du plomb dans l’aile du P2P, sa principale cible. Son usage a stagné, plus décliné lentement, au profit d’une autre méthode de téléchargement : le direct download.
Le jumeau maléfique du P2P : le direct download
Le direct download (DDL, pour les intimes), d’un point de vue économique, renverse totalement le mouvement de dilution à dose homéopathique du rôle de la distribution. Bien au contraire, il en renforce le pouvoir, au point de dessiner un avenir où les distributeurs seront bien plus puissants qu’ils ne l’étaient hier, au temps de la FNAC et du Virgin Megastore.
Plutôt que de partager les coûts entre tous, la distribution est entièrement à la charge d’un petit nombre d’acteurs (ça vous rappelle quelque chose ?) : Rapidshare, Megaupload, et quelques autres.
A eux la charge d’assurer la distribution de tout ce qui est numérique : logiciels, jeux vidéos, musique, cinéma, documentaires, enregistrements d’émissions de télévision, etc, etc.
Mais là où la distribution d’hier se compliquait la vie avec des magasins, du personnel, de la publicité et de la promotion, cette nouvelle race de distributeurs a mis au point ce qu’il se fait de mieux dans l’innovation des startups : un ecosystème.
En établissant des règles qu’ils maitrisent de bout en bout, les sites de DDL laissent la place à une multitude d’acteurs qui vont faire le boulot à leur place : certains pour des revenus misérables, d’autres, plus malins, en échange de sommes rondelettes, suffisantes, pour les meilleurs, pour s’assurer une retraite dorée en quelques années.
Le modèle économique qu’ils proposent à leur écosystème est complexe, et varie d’un site de DDL à un autre, mais on retrouve souvent les mêmes variables dans la façon dont ils proposent de structurer économiquement et technologiquement l’écosystème qui les entourent :
- un système d’affiliation pour la vente de leurs formules «premium», permettant à quiconque leur apportant un client de toucher une commission, qui peut s’avérer très généreuse.
- la rémunération de ceux qui hébergent chez eux des fichiers ‘populaires’, entendez par cela que si vous y placez un fichier et que celui-ci est téléchargé des milliers de fois, vous gagnerez beaucoup. Inutile de vous dire que «Avatar» en DivX a plus de chances d’être populaire que vos photos de vacances.
- cerise sur le gâteau, et c’est là que du point de vue modèle économique, cela touche au génie, cette rémunération est effectuée dans une monnaie virtuelle, propre à chaque site de DDL, dont le cours est variable selon le bon vouloir des dirigeants du site.
- Enfin, des API permettant d’industrialiser les opérations d’hébergement et de téléchargement sur le site de DDL, ce qui permet à la fois une efficacité «industrielle» pour ceux qui y mettent en place des fichiers et plus de confort pour ceux qui les téléchargent.
Le tout flirte avec la légalité, mais pour l’instant se sort plutôt bien de ses soucis juridiques, quitte à déménager d’une législation à une autre, comme ce fut le cas pour Rapidshare, transféré de l’Allemagne à la Suisse l’année dernière.
Le modèle économique de tout cela touche au génie, tout comme la construction juridique qui consiste à crowdsourcer l’essentiel des risques vers des blogs et des forums «warez», proposant des liens vers les fichiers copyrightés, ainsi que vers un troupeau d’esclaves qui y hébergent des fichiers copyrighté trouvés dans les réseaux P2P ou sur les newsgroups, pour être payés au final en monnaie de singe. Ils se feront un plaisir d’aller publier leurs liens, devenus leurs source de revenus, sur les blogs et les forums «warez», à qui revient la charge d’exploiter les esclaves ou de leur proposer une forme de contrat social alternatif, tout est possible, les sites de DDL s’en lavent les mains. «Anachy in the IP», en quelque sorte, mais certainement pas «no future».
Pour faire bonne mesure, on répondra de façon plus ou moins rapide aux demandes des ayants droits, qui, repérant un fichier copyrithé ça et là, en demanderont le retrait. Charge aux esclaves de l’upload de le remettre à disposition à nouveau, ce qui ne manque pas d’arriver.
Pour le consommateur final, c’est tout bénef : télécharger un fichier avec ce système est bien plus rapide qu’avec le P2P, et pour un coût, dans le cas d’une formule premium, à peine deux fois plus élevé que ce que les partisans de la licence globale avait imaginé pour une solution légale autour du P2P.
Mais le plus beau, c’est que ce système est pour le moment parfaitement à l’abri de Hadopi. Qui plus est, dans la mesure où à aucun moment le consommateur final ne partage quoi que ce soit, il n’est pas clairement dans l’illégalité, tout juste dans un vide juridique (edit: Padawan me souffle à l’oreille que l’on peut voir cela comme étant légal
.
Fnac 2.0
Tout cela se fait au prix d’une architecture technique colossale, aux coûts pharaoniques, ce qui nécessite de lourds investissements, contrairement à un board warez, quelque soit son importance, ou à un tracker bittorent, fut-il de la taille de ThePirateBay.
Alors, me direz-vous, pourquoi l’industrie de la distribution de la Culture ne hurle pas et ne se déchaine pas sur ces acteurs comme elle l’a fait avec ThePirateBay ?
Mettez-vous à leur place : leur modèle n’a aucun avenir, ils ne sont pas idiots au point de ne pas en être conscients. Devant eux se profile deux voies : celle du P2P, où ils ont disparu, et celle du DDL, où leur puissance est démultiplié et leurs couts, au final, plus réduits qu’ils ne l’étaient hier. Quelle voie choisir ? La réponse est assez simple.
La seule question, en réalité, consiste à savoir s’il faut détruire les sites de DDL pour en proposer soi même, ou tout simplement les racheter, quitte à faire baisser le prix à la faveur d’un énième procès, faisant office d’OPA hostile.
Toujours est-il que dans l’inévitable marche du progrès qui broie l’industrie de la Culture depuis maintenant plus d’une décennie, le DDL est la seule voie réaliste leur offrant la perspective d’un avenir florissant, où ils régneront à nouveau en maitres absolus, allant, cette fois-ci, jusqu’à battre leur propre monnaie et externaliser l’essentiel de leurs charges de personnel.
Fantastique.
Les donneurs de leçons qui prennent le terme néocommuniste pour une insulte peuvent désormais m’écrire. Own3d.
Prolétariat 2.0
Externaliser la quasi totalité de ses charges de personnel est un fantasme que même les plus fervents partisans des délocalisations massives n’osent imaginer. Pourtant, grâce au DDL, ce sera chose faite pour l’une des plus puissante industrie de la planète d’ici une décennie tout au plus.
Il s’agira de se montrer généreux avec le petit personnel, dans un premier temps, pour ensuite faire jouer la concurrence entre diverses main d’œuvres, voir même faire appel à des bénévoles en les embrigadant dans un discours idéologique fumeux (idéologie qui aura d’ailleurs été largement mise en place par la mafia 2.0 - voir plus loin - qu’il suffira d’amadouer ou d’envoyer au bagne par la suite).
Le rôle de la monnaie virtuelle est ici essentiel, on pourra progressivement faire baisser son cours, afin d’ajuster au plus bas la rémunération des esclaves 2.0 pour le plus grand profit de ceux qui étaient hier des majors et qui seront demain… autre chose, mais de plus puissant encore.
Le petit peuple aura besoin d’idoles, il faudra prendre soin de laisser émerger des modèles de réussite, érigés en héros, donnant l’impression à la masse que le succès est à leur portée, que l’on peut, si l’on s’y prend comme il faut, réussir et devenir riche.
Il sera de bon ton, cela renforce la cohésion et l’aveuglement du troupeau, qui s’imagine en Che Guevara 2.0 parcourant une Bolivie numérique, de transformer certains héros en martyrs, afin de construire une mythologie propre à assoir, demain, toute une industrie.
Dans le complexe écosystème mis en place par les sites de DDL, les plus malins pourront gagner des sommes substantielles, se comptant en millions d’euros. Une paille, par rapport à ce que gagnent les sites de DDL, mais suffisamment pour leurrer une jeunesse toute entière dans l’illusion du veau d’Or à portée de main, et tellement moins cher qu’une bonne campagne d’affichage.
Mafia 2.0
En attendant la légalisation des sites de DDL, par leur rachat ou leur remplacement (si tant est qu’ils n’en soient pas déjà actionnaires), on n’hésitera pas à plonger le prolétariat 2.0 tout entier dans l’illégalité. Après tout, par rapport aux conditions de travail de leurs ancêtres du XIXe siècle, ce n’est tout de même pas si terrible que cela. Au pire, certains finiront en prison et serviront de martyrs à une génération toute entière, bien trop occupée à regarder «Iron Man 2» en «CAM» que de réfléchir aux conséquences de leurs actes sur l’avenir qu’ils se préparent et aux prisons qu’ils construisent en guise d’habitations.
Selon les cultures, ce prolétariat d’un nouveau genre s’organisera d’une façon ou d’une autre. Aux USA, un certain esprit de corps règne, et la morale n’a pas déserté les rangs (ce n’est pas le royaume des Bisounours pour autant). En France, c’est tout le contraire, des petits mafieux dominent le marché aux esclaves, les endoctrinent avec une bouillie idéologique, trop gentiment servie par des vieux cons, issus de wana-be parti politiques ou de wana-be média (un peu d’auto flagellation, ça fait du bien), et au besoin, font régner l’ordre et la terreur à l’aide de milices privées, bien plus agressives encore que celles envisagées par les autorités d’Etat.
Think global, act local, la recette a toujours marché. La France se complait dans l’anarchie et la violence ? Qu’on leur donne de la brioche.



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Et au final on constate que MegaUpload trépasse quand TPB et BitTorrent résistent en rendant coup pour coup
Les idées sont plus fortes que l’argent, c’est bon signe
Effectivement.
Maintenant ne reste plus qu’à faire en sorte d’éviter que les ayatollahs du Copyright n’aillent plus avant et ne détruisent l’accès à Internet (puisque détruire le p2p est légèrement impossible n’est-ce-pas ? à moins d’interdire la possession d’un client p2p)
Coucou dadvsi! bon, je sais pas si ça s’applique toujours, mais l’idée est là:
Est puni de trois ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende le fait :
1° D’éditer, de mettre à la disposition du public ou de communiquer au public, sciemment et sous quelque forme que ce soit, un logiciel manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d’oeuvres ou d’objets protégés ;
ce qui n’est pas le cas des clients p2p
Imagions une seconde que l’acharnement contre la technologie P2P est été appliqué au début de la technologie « voiture » au moment ou la bande a Bonnot : on se déplacerai tous encore a cheval … (quoi que, ça aurait peut-être du bon
)
Un tel acharnement a été appliqué au début de la technologie avion, quand le droit à la propriété privé US stipulait que la propriété allait « du sous sol jusqu’au cieux ». Les fermiers comptaient bien interdire le survol de leur champs aux avion.
Mais bon, à l’époque les législateurs étaient moins cons, ils ont vite amendé le code de la propriété
Ou bien tu as attribué une intelligence exagérée aux ayants droits en pensant qu’ils pourraient voir dans le modèle du DDL un truc qui a plus d’avenir que la vente de galettes en plastique.
Et une bonne piqûre de rappel. Chouette.
Je poste un lien vers l’article original et ses commentaires
http://fr.readwriteweb.com/2010/06/04/a-la-une/direct-download-cancer-du-pirate/#comment-13739
« deadalnix : Manque un détail : le fait que l’apparition de débits symétriques pourrait très nettement booster les performances de p2p. Par exemple avec la fibre. »
ce serait un magnifique cadeau un débit symétrique, mais les « gros » ont intérêt amha à ce qu’internet soit un réseau de consommation donc ça m’étonnerait qu’on l’ait, la fibre ne le propose pas je crois.
La fibre le propose tout à fait, il n’y a aucune raison technique contrairement à l’ADSL pour justifier un débit assymétrique.
Reste que le meilleur dans le domaine est Free, qui propose 100 en down et 50 en up, orange étant très loin derrière.
oui je voulais dire les offres fibre des FAI
Quel progrès !
1 million d’ordinateurs particuliers obligés de tourner 24h/24 au lieu de quelques milliers de serveurs.
Economisant ainsi une quantité incroyable de ressources réseau et de bande passante… oui, quel progrès. Ceci dit, tu n’est pas du tout obligé de laisser ton ordinateur tourner 24/7, ni toi, ni personne dans un système P2P, on a du t’induire ne erreur
Je trouve assez consternant le fait que, pour la plupart des mes amis, et sans doute comme pour toi, le progrès se situe uniquement au niveau de la vitesse du téléchargement.
+1 mais ça, seuls les geeks s’en préoccupent. On va pas demander à Kévin quel réseau il préfère cautionner quand il ne veut que récupérer le dernier Calogero. Les moyens lui importent peu.
Par ailleurs, pour des fichiers populaires, j’ai toujours trouvé le P2P (via bittorrent) bien plus rapide que le DDL.
« Par ailleurs, pour des fichiers populaires, j’ai toujours trouvé le P2P (via bittorrent) bien plus rapide que le DDL. »
Ce point en particulier dépend des FAI et de leur politique vis à vis des débits asymétriques.
Free fait de la résistance auprès de YouTube et de Cogent, maintenant que MU est fermé ils se retrouvent avec un coup d’avance : ils ont moins investi que les autres dans une infrastructure qui se retrouve… useless ^^
Orange avait aussi fait parler de lui avec Cogent, seulement malgré tous leurs beaux discours contre le piratage (je les assimile au gouvernement) ils ont cédé devant la volonté de prendre des parts de marché et ont donc augmenté le trafic vers MU.
Bravo les gars, vous avez perdu une occasion d’avoir raison.
Ben non, justement. Un réseau décentralisé est moins gourmand qu’un réseau centralisé.
Seed des torrent, auto-héberge ton site, be free
J’ai bien accroché le titre, car l’image de la tumeur megaupload m’était venu à l’esprit dans la journée. Je trouve l’analogie pertinente si on assimile l’ensemble des acteurs du net à un corps.
Et si les échanges entre acteurs sont assimilables aux divisions cellulaires, alors le P2P est un développement normal du net-corps, qui tend à répartir de manière optimale les dépenses de ressources nécessaires.
Tandis que le DDL, en centralisant les échanges sur un point précis du corps, pousse ce point vers une mutation à croissance exponentielle.
Croissance qui, par ses besoins en ressources et son attractivité, sera fatale pour le net-corps tel qu’on le connait.
Les ayants-droits viennent d’opérer la tumeur par ablation, mais les hotfilepurevideobb-métastases sont déjà là. Et surtout le net-corps s’est habitué à mobiliser ses ressources pour nourrir les cellules mutées.
J’arrête ici l’analogie, mais il doit y avoir moyen de la pousser plus loin.
Au plaisir de vous relire Fabrice.
« plus efficace, notamment pour transférer de gros fichiers vidéo, son principal défaut repose sur la présence dans son écosystème de trackers, des sites web, comme ThePirateBay, le plus célèbre d’entre eux, qui génèrent un énorme trafic, et donc potentiellement des revenus illégaux. »
The pirate Bay a décidé d’arrêté de mettre des fichiers .torrent et ne propose que des liens Magnet-> moins de bande passante et site plus léger donc on peut déménager plus rapidement. Un annuaire qui va le faire ressembler à Amazon qui propose les codes IBAN (au niveau juridique cela va faire coton de dire que rentrer une série de chiffre hexadécimaux permet de télécharger quelques chose.
http://www.generation-nt.com/the-pirate-bay-fichiers-torrent-liens-magnet-actualite-1527161.html
Vous dites :
« Il fut un temps, avant Hadopi, où piratage rimait avec P2P »
Je me souviens pour ma part d’un temps (à peine une croche) où piratage rimait avec mp3. Nous avions récolté pour le coup une loi assez f[au]meuse.
Merci de votre article.
Bonne continuation .|..|
J’en ai un petit peu ras le bol de ces discours faisant l’apologie du P2P et prenant les utilisateurs du ddl pour des abrutis.
Oui techniquement et moralement c’est meilleur, oui le DDL c’est tout pas beau.
Mais ya un truc pour lequel le ddl est génial, et que même s’il meurt je le remercierais toujours pour ça, c’est sa simplicité, et la démocratisation du téléchargement qu’il a engendré auprès du public.
Parce que back in the times, quand y’avais que le P2P, a part les geek avertis, peu de monde pouvais profiter des films et séries. Les mp3 commençaient à tourner, mais assez peu. Dans mon entourage, seuls quelques pote geek et moi savions débloquer les ports des box, installer les logiciels adéquats, configurer les serveur de mule, aller chercher les torrent,…
Et bim, d’un coup, grâce au direct download, aux board de warez, et à google, c’est toute une génération qui s’est initié au plaisir du téléchargement, de découvrir des nouveaux films, séries, artistes en permanence !
La vitesse du du download a permis la démocratisation de la hd et du format mkv, un format génial.
Ils ont aussi découvert la possibilité de regarder toutes les série us et asiatiques dès leur sortie, et sont donc devenus très familiers de la vostfr.
Avec le direct download, je compte même plus le nombre d’amis qui sont passé du mode « radio/télé+quelques avi et mp3 pourris quand je peux en avoir » à « je télécharge moi meme ou regarde direct en streaming pleins de films que je connaissais pas, je découvre de nouvelles séries en vost, je découvre pleins d’artistes,… »
Alors oui bien sur si le ddl meurt, vous pourrez trouver ce que vous voulez sans problème sur le P2P, je vous rassure moi aussi. Mais ce sera vraiment pas le cas de tout le monde !
En lisant votre article, jn’ai pas pu m’empêcher d’être d’accord sur pas mal de points… Mais quand pendant la lecture, ma coloc est entrée vraiment peinée en me demandant si c’était vrai que MU avait vraiment fermé, et comment elle allait faire pour continuer à regarder les séries US qu’elle suis assidûment, et à regarder les grands classiques du cinéma qu’elle n’a jamais vu et s’est mis en tête de regarder ces derniers mois,ben ça me fait vraiment de la peine. Et quand je pense à tout ceux qui sont dans son cas et qui n’auront personne pour leur expliquer la situation et leur montrer comment faire, et bien je me dis que vous passez vraiment à coté de quelquechose dans votre analysé du P2P vs DDL.
Bref, MU à fermé.
Et bien, tu vas rassurer ta coloc, lui dire que le Net est toujours là, qu’ils existent d’autres solutions. Tu vas lui installer uTorrent, lui trouver un tracker francophone, lui montrer comment ça marche, et c’est parti !
N’oublie pas de lui préciser qu’il faut qu’elle évite les films connus et les musiques pour ne pas se faire repérer par Hadopi.
Si un jour t’as un moment tu lui expliqueras comment fonctionne le partage en P2P.
Pour être tranquille vis-à-vis d’Hadopi : DL les séries en VO…
Si elle est vraiment amatrice de séries US ça ne lui posera pas de problème. (tv-subtitles.net est ton ami)
Si elle est réfractaire à l’anglais, il reste TF1 qui diffuse gratos Julie Lescaut et les Experts dans le désordre.
Mieux que ça, tu va apprendre à ta coloc non seulement à utilsier le P2P, mais également à répandre ce savoir autour d’elle, et à comprendre pourquoi, d’un point de vue de l’écologie des réseau, le P2P c’est mieux.
Aller vite avec du DDL, certes, c’est sympa, mais si tout le monde roule en hummer, où va-t-on ? Je suis sûr que ta coloc trie ses déchets, non ? Pourtant ça va plus vite de tout foutre à la poubelle sans faire de tri…
C’est exactement ce que je dis dans mon dernier paragraphe, le problème c’est tout ceux qui n’auront personne pour leur expliquer la situation clairement et comment faire maintenant.
Ce que je voulais dire dans mon message, c’est que beaucoup de gens averti dans le domaine crache sur le ddl un peu facilement, sans voir tout ce qu’il a apporter pour beaucoup.
Maintenant, avec la vitesse des connections qui augmente dans beaucoup de pays, la fibre qui se généralise petit à petit, je rêve d’un avenir du partage fait de P2P totalement décentralisé, rapide et bien fourni et surtout simple d’emploi. (a défaut d’industrie culturelle qui se sois mise à la page de l’internet, ça, ça fais bien longtemps que j’y crois plus). Et maintenant, avec free qui viens de lancer la mode de l’internet mobile non bridé, et la 4g qui arrive, a mon avis on téléchargera même bientôt sur nos téléphones
Tout comme les écolos crachent sur les grosses voitures qui polluent. Il faut faire un vrai travail d’éducation, c’est clair, ainsi qu’un lobbying politique pour décriminaliser le P2P. Dans un pas comme la France, c’est clair que c’est très mal parti ceci dit, le retard que cela va engendrer par rapport à d’autres pays où la culture n’est pas ainsi criminalisé va se payer cher…
Le DDL n’est en rien plus simple que le P2P.
P2P : un logiciel à installer, une recherche sur un site, un clic, le DL se lance. Un système de commentaires et de tests antivirus en ligne permettent de se faire une idée rapide de ce que tu vas télécharger.
DDL : sortir sa carte bleue, remplir un formulaire, donner des infos confidentielles et des € à un site étranger, faire une recherche dans google, passer du temps à trouver un site « de confiance » (i.e. : un site dont les liens ne sont pas morts mais qui est de toute façon rempli de pubs)
OU
Ne pas payer mais s’exposer à des limites plus ou moins arbitraires (72 mn …)
Ah ouais c’est vraiment plus simple…
DDL = s’inscrire sur un site de warez, avoir des outils de recherche, sur diverses sections toutes bien classées, trouver rapidement exactement ce que tu cherche (hd/pas hd ? mp3/aac/flac ? VOSTFR/VF ?….), très peu de fake puisqu’ils sont vites signalés, des centra gigantesque sur certains domaines et extrêmement pratiques, et SURTOUT une communauté la pour t’aider et te guider.
Et je te parle même pas du streaming… Un clic après une recherche google et tu commence direct a visualiser ta série…
On peux reprocher beaucoup de choses au DDL/board de warez, mais pas son efficacité ni sa simplicité !
En fait, il existe des trackers privés (TPB est ouvert, lui) qui fonctionnent comme une board de warez : une communauté, validation des fichiers, commentaires, recherche, classification, équipe de modération.
Avec un petit plus, tu es « obligé » de respecter un quota de partage pour pouvoir télécharger.
A ce propos j’ai toujours essayé d’être un « bon citoyen » et de laisser les fichiers en seed après téléchargement, mais mon disque dur est structurellement plein avec les fichiers en cours de téléchargement…
Il y a une solution ou c’est la norme?
Il existe de plus en plus de site de VOD gratuite et légale comme http://www.vodao.com
Encourageons plutôt ces sites pour qu’ils aient les moyens de négocier avec les producteurs de contenus vidéos.
Très clair et très …clairvoyant selon moi cet article; je me permettrais juste de signaler que le terme « anarchie » n’est pas correctement utilisé dans la phrase: « Think global, act local, la recette a toujours marché. La France se complait dans l’anarchie et la violence ? » je pense que vous avez dû vouloir dire « le chaos » parce que le terme anarchie ne signifie pas absence de règles et loi du plus fort, mais plutôt façon de s’organiser pour un ordre déterminé collectivement sans faire usage d’un pouvoir centralisé… ce qui n’est, entendons-le, pas le cas en France concernant le partage de fichiers numériques sur le net. La preuve, votre texte à l’appui!
oui, chaos est plus approprié
Quand je vais a la fnac pour regarder les bouquins, les vigiles me regardent comme un voleur.
Un jour ils s’etonneront que je ne viens plus chez eux…
Le truc apparemment c’est quand tu es accroupies, ils ont une facheuse tendance a se baisser brutalement juste à coté. Hasard: ca m’a fait ca deux fois dans deux magasin different à un jour d’intervalle.
« une génération toute entière, bien trop occupée à regarder «Iron Man 2» en «CAM» que de réfléchir aux conséquences de leurs actes sur l’avenir qu’ils se préparent et aux prisons qu’ils construisent en guise d’habitations. »
Tellement de condescendance, ça donne le vertige.
Megaupload n’a aucune importance. Il existe une infinité de site offrant les mêmes services.
Plus la répression augmente, plus nous sommes forcé de nous instruire: changement de DNS pour contourner la censure, utilisation de tor pour éviter le traçage,etc.
L’apparition d’une nouvelle technologie de partage de fichiers plus anonyme me semble plus probable qu’une prise de contrôle par les majors.
Il existe énormément de possibilité:proxy, vpn, newsgroup, etc.
Parler d’un retour des majors et d’esclaves ça fait peur mais c’est pas crédible.
ps: Par pitié, arrêtez de galvauder le terme esclave. Quelqu’un qui choisit son activité ne peut pas être qualifié d’esclave.
J’ai l’impression d’entendre Sarkozy me parler des otages de la SNCF…
Et qu’en est-il d’Usenet ? c’est peut être pas aussi bien que le p2p en terme de technologie, mais pour le moment ils ont pas légiféré sur le sujet non ?
Super article Fabrice. Je trouve intéressant et pertinent ton avis sur les sites de DDL, les majors, et notre stupidité.
Il est plus que temps d’agir.