Gouvernants et gouvernés : le mercredi c’est soufi…
On demanda à un derviche :
« Qu’est-ce qui est préférable : être gouvernant ou être gouverné ? »
— Etre gouverné, dit-il. Le gouverné est constamment informé par le gouvernant qu’il se trompe, que ce soit le cas ou non. Cela lui donne la possibilité de s’amender en s’observant avec attention, car il est vrai que parfois il se trompe. L’administrateur, en revanche, imagine presque toujours avoir raison et juge ses règlements équitables. Aussi a-t-il rarement l’occasion d’examiner son comportement. C’est ainsi que les gouvernés deviennent finalement des gouvernants, et que les gouvernants tombent au rang de gouvernés. »
Quelqu’un demanda alors :
— Pourquoi cette promotion du gouverné, et cette chute du gouvernant, maintes et maintes fois répétées ? »
— Pour que les gouvernants apprennent ce qu’il en coûte de gouverner , et que les gouvernés apprennent en quoi ils sont réellement bons ou mauvais. »
— Mais, reprit le questionneur, comment un homme pourrait-il tirer profit de ce fait, puisqu’il faut des générations pour que le gouvernant devienne le gouverné, et le gouverné le gouvernant ? »
— Cela ne prend pas des générations. Cela se produit bien des fois dans la vie de chaque homme et de chaque femme. Le processus que l’on voit se dérouler sur des générations n’est qu’une illustration. »
« récit des sages d’Orient », d’Idries Shah
En complément, une chorégraphie de Maurice Béjart sur la musique de Kudsi Erguner, maître du Mevlevi, ordre soufi turc des derviches tourneurs.




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Est-ce qu’on peut avoir une playlist? J’aime le « mercredi, c’est soufi » =)
Une playlist où ça ? Sur Toitube ?
tout ne doit pas se trouver sur le tube, je pensais à des noms. Comme je vais souvent dans des pays musulmans pour mon travail, un tour par les marchants de disque peut pas faire de mal.
En somme gouvernant – gouverné c’est une histoire qui tourne… ;>))
Bonjour chez vous.
Si je fais terminer le nom de mon culte en « i », j’ai le droit d’en faire la promotion, un autre jour de la semaine.
C’est bien religieux, le soufisme, non ?
Oui et non. C’est un peu ce que le Zen est au bouddhisme : une religion sans dogme, une constante remise en question, un éclair de conscience.
Certaines écoles chrétiennes pratiquent la même simplicité (Cathares, Rose-Croix : http://www.buddhaline.net/Un-pretre-catholique-zen), mais rarement avec autant de folle sagesse.
Kudsi Erguner, quel enchantement ! La flûte de Ney, tout comme la carnatique indienne ou le shakuhachi japonais, savent parler au cœur.
Pour la carnatique, une jolie ballade moderne : http://www.youtube.com/watch?v=8nyktzjLKpw
La vidéo donne une version tronquée. La version complète ici : http://www.youtube.com/watch?v=X78wRZXfO2g
Ça fait un peu la dialectique du maître et de l’esclave de Hegel non ?
C’est étonnant de voir l’universalité de la pensée